Rappel historique

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Le mythe de Charlemagne:

                                     « Qui a en cette idée folle un jour d’inventer l’école ? »

   Sans l’inventer, Charlemagne favorise les activités intellectuelles en attirant dans son palais d’Aix-la-Chapelle des savants de toute l’Europe. La renaissance carolingienne passe par la redécouverte de la civilisation antique. De plus, Charlemagne a comme souci majeur de former le personnel de son administration dans le but d’assurer la cohésion et la stabilité de  son empire ; s’appuyant sur l’Eglise et conseillé par le moine Alcuin, il crée une école du palais chargée de former clercs et laïcs appelés à devenir les futurs serviteurs de l’Etat. Il soutient l’instauration d’écoles religieuses, encourage l’étude de la théologie et des textes sacrés par l’activité des moines copistes . De brillants foyers de culture se développent ainsi autour des monastères.

                                                                                       

                                                                                      

 

 

L’éducation au Moyen-Age:

   L’éducation repose sur les arts libéraux, disciplines traditionnelles. Ils sont ainsi dénommés parce qu’ils ne peuvent être exercés que par des hommes libres. On ne parle ici que des hommes car s'il n'y avait pas d'interdis pour les femmes de recevoir une éducation  elles étaient ignorées dans les textes.

   Les arts libéraux sont réunis comme suit :

- trivium : la grammaire : les langues et la littérature latine

                 la rhétorique : l’art oratoire et épistolaire

                 la dialecte : l’art du raisonnement ou philosophie

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  - Quadrivium: l'arithmétique

                                la géométrie

                                l’astronomie

                                la musique

   Le lettré est celui qui connaît ses lettres, soit simplement son alphabet, soit le latin.

Dès le XIIème siècle, les écoles monastiques se ferment à ceux qui ne se destinent pas à la vie religieuse. Des écoles urbaines vont alors voir le jour, d’abord attachées à une cathédrale (c’est là que peuvent se trouver les professeurs), puis à des maîtres plus particuliers et réputés.

   Se développent également les petites écoles, surtout spécialisées dans la grammaire. A la campagne, c’est souvent le curé qui en a la charge ; en ville ce sont les clercs, mais aussi les laïcs parmi lesquels on trouve quelques femmes. Comment enseigne t-on ? l’enseignement est très oral : on y pratique la lectio, lecture commentée d’un texte appartenant au programme autorisé (la Bible et ses commentaires en théologie) et la disputatio, le débat.

   Mais ne l'oublions pas: au XIIIème siècle, le nombre d'alphabétisés ne dépasse pas 10% de la population.

 

                                                                                     

 

 

La refonte humaniste:

   L’éducation investit la littérature qui se fait également militante. Rabelais puis Montaigne vont s’efforcer de décrire une éducation équilibrée qui associe plaisir et savoir.

   Parallèlement, l’édit de Villers – Cotterêts, de 1539, qui impose la langue française à la place des « parlers dialectaux » joue un rôle essentiel dans le changement culturel du XVIème siècle ; d’abord langue de la justice, le français devient la langue de l’école. Dès 1470, le livre se diffuse en France grâce aux progrès de l’imprimerie, les caractères actuels remplacent l’écriture gothique.

 

 

L’enseignement sous l’Ancien Régime:

   Il existe de fortes différences entre la culture urbaine et la culture rurale. Le village, refermé sur lui-même, connaît la littérature de colportage, c'est à dire une littérature apportée par des  ouvrages bon marché, de petit format, imprimé sur du papier de mauvaise qualité, parfois enrichis de gravures sur bois et ammené par des marchands ambulants. Cette littérature de colportage fut le moyen le plus efficace de pénétration du livre dans le milieu rural et populaire. Il y prédominent les livres de piété, les contes, les romans et quelques traités d’éducation qui s’inspirent de celle de la bonne société. La ville quant à elle présente plusieurs visages de l’écrit –le placard ( avis, écrit ou imprimé qu'on affiche publiquement), la feuille volante, le sermon. L'alphabétisation se poursuit par ailleurs sous l'impulsion des Eglises (catholiques et protestantes), et se trouve plus développé au nord d'ube ligne Saint-Malo / Genève que dans le sud de la France.

Dans les faits, la plus grande diversité règne en matière d’enseignement entre les régions, voire au sein d’une même région.

 

 

Les Lumières:

    Les idées philosophiques des Lumières (priorité donnée à la raison, à l’observation, à l’expérience) se diffusent peu à peu et favorisent la maturation du discours politique sur l’éducation, même si ces idées ne se concrétisent pas immédiatement. Les arts mécaniques ne sont plus opposables aux « beaux-arts », les mathématiques connaissent un vif engouement dans la première partie du XIIIème siècle, Buffon développe les sciences de la vie, et toute l’entreprise de l’Encyclopédie est de mettre les sciences aux services de l’Homme.

   Le philosophe est d’ailleurs décrit par Dumarsais, dans l’article « Philosophe », comme un « honnête homme qui veut plaire et se rendre utile ». L’esprit philosophique approfondit la soif de savoir de la Renaissance, en privilégiant aussi l’histoire et les sciences du langage.

    Rousseau part de l'idée que l'homme est perfectible et qu'il a en lui toutes les qualités pour progresser et sortir du néant de sa naissance, à condition d'adopter une méthode éducative naturelle. Il faut respecter la nature de l'enfant pour lequel les exercices doivent être adaptés à l'âge et qu'il doit découvrir par lui-même, le maître ayant en apparence un simple rôle d'observateur. Ainsi les jeux sont très importants; ils permettent à l'enfant de s'épanouir. La contrainte est absente de cette éducation, et le bonheur est le but à atteindre de cette pédagogie qui n'est inactive qu'en apparence. En effet il revient au maître la charge d'organiser l'environnement de l'enfant sans que celui-ci s'en rende compte, afin de favoriser ses expériences et ses découvertes. L'enfant comprend alors qu'il doit se plier à l'ordre des choses et non à la volonté incontestables des hommes. Il fait ainsi l'apprentissage de sa libeté.

  

 

La Révolution Française:

    Si les Lumières n’ont pas réfléchi à l’enjeu politique de l’éducation, les révolutionnaires vont faire de l’école une affaire d’Etat. En effet,  si le combat révolutionnaire veut se poursuivre, il faut que soit assurer l'unification de l'instruction dans le pays. L’école doit donc être la même pour tous, le territoire étant encore divisé par des coutumes et dialectes différents. De même, elle doit devenir un lieu d’intégration des idées républicaines. Ainsi le manuel de lecture de référence est un véritable catéchisme républicain qui allie des leçons de morale aux notions de calcul, de grammaire et de géographie.

   Plusieurs projets voient le  jour pour organiser l’école républicaine. Talleyrand prévoit au niveau du canton une école primaire pour tous. Rien n’est prévu pour les filles et la gratuité n’est pas au programme . Condorcet va plus loin en proposant la gratuité, la laïcité mais aussi la liberté. Il divise l’enseignement selon l’âge de l’enfant et reconnaît l’égalité des sexes devant le droit à l’éducation. Mais l’Etat n’ayant pas la possibilité de financer la gratuité, cette idée ne verra le jour qu’au début de la XVIIIème République. Les principales réalisations de la Révolution vont être de briser le monopole de l’Eglise, notamment par la suppression de la dîme qui finançait en partie les congrégations, par la nationalisation des biens du clergé et par le départ de ses membres qui, pour près de la moitié, refusent de prêter serment à la constitution civile du clergé

 

 

Le siècle des fondations: le XIX ème siècle:

    Au 19eme siècle se poursuit la mise en place d’un monopole d’Etat et l’édification d’un enseignement secondaire, qui s’effectue longtemps au détriment de l’enseignement primaire.

 

 

Dans les années 1840:

    Elle représente un tournant décisif dans la société française qui cherche à se moderniser. La loi Guizot (du nom du ministre de l’Instruction publique) du 28 juin 1833 oblige chaque commune à entretenir une école primaire et chaque département une école normale qui formera les instituteurs. La gratuité n’est assurée qu’aux plus démunis. L’école a pour mission de conserver l’ordre social avant tout; elle dispense un enseignement fondamental (lire,écrire,compter) assorti de quelques connaissances en histoire géographie et de notions de morale.

 

 

Sous la II République:

      Carnot, ministre de l'Instruction publique, lance un projet très novateur: une école primaire publique et gratuite, obligatoire et dotée de bourses pour encourager les mérites. Mais ce projet va sombrer par le retour du conservatisme avec Louis Napoléon Bonaparte. Le parti de l'ordre l'emporte soutenu par l'Eglise catholique. Falloux ministre de l'Instruction publique fait voter la loi du 15 mars 1850 qui permet l'ouverture d'une école à la simple condition que le maître est le brevet (d'école primaire) ou le baccalauréat. Les écoles religieuses se multiplient et les instituteurs soupçonnés d'avoir entretenu l'esprit révolutionnaire sont surveillés par les préfets. L'école se trouve au service de la "défence de l'ordre, la propriété, la famille et la religion".

 

 

Sous la III ème République:

    Après la chute du second empire la III ème république va se structurer autour d’un axe central: l’anticléricalisme. En mars 1880 l’enseignement est interdit aux « congrégations non autorisées ». Les Jésuites sont les plus touchés. Le 7 juillet 1904 le gouvernement interdit les congrégations d’enseignement et 30 000 écoles ferment. Le 9 décembre 1905 la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat met provisoirement fin à la « question scolaire ». L école redevient alors le pivot de cette volonté démocratique d’assurer la promotion de chacun par le mérite et par le talent et non plus par la naissance ou la fortune. L’ Instruction publique veille à répartir son effort sur tout le territoire. Le budget de l’éducation triple en dix ans et 20 000 écoles sont construites. Un ensemble de lois (1879-1885) vont assurer à l’école son rôle de levier social. Il s’agit selon Jules Ferry de « refaire l âme nationale. » La loi du 16 juin 1881 assure la gratuité de l’école. En 1882 l’école devient obligatoire de 6 a 13 ans, les programmes sont laïcisés. Les crucifix et le catéchisme disparaissent des écoles. Le certificat d’étude primaire qui marque la fin des études primaires est obtenu par un élève sur cinq. Il devient un idéal à atteindre pour les classes populaires. Certains élèves peuvent continuer jusqu’au brevet dans le primaire supérieur.

 

 

Le XX ème siècle: Toujours plus d'école(s)!

    En 1932 le gouvernement d’Edouard Herriot décide de rebaptiser l’Instruction publique « Education nationale » Anatole de Monzie en est le premier ministre. Il explique que l'éducation est synonyme d’égalité scolaire et de développement de la gratuité. Cette égalité est d’abord une égalité entre garçons et filles qui en 1925 voient le rapprochement de leurs cursus. La scolarité obligatoire passe de   14 ans en 1936  à 16 ans a partir de 1959. Entre 1900 et 1970 le nombre d’élèves est multiplié par 22 pour atteindre 5 millions en 1972. Mais parallèlement la « question scolaire » revient au premier plan. Après la Seconde Guerre mondiale, l’enseignement religieux trouve son regain dans la crainte du communisme qu’avive la guerre froide. Des mesures tendant à restreindre l’autonomie et les financements de l'école religieuse qui se veut « libre »,provoquent en 1984 une manifestation d’une très grande ampleur qui entraînera la démission du ministre de l’ Éducation nationale, Alain Savary. Depuis la grande loi  d'orientation de  1989, l'élève se trouve au coeur du système éducatif. Pourtant l'égalité sociale, sexuelle et géographique n'est toujours pas atteinte.

 

Désormais, l'éducation n'est plus seulement une affaire d'école, mais une préoccupation tout au long de la vie ...

 

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14:27 - 29/1/2008 - Poster un commentaire


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